QUELLE EST LA RECETTE EXACTE DU RÉACTIF POUR DÉMASQUER LES ANTIGÈNES ?

Mots-clés: Coloration
Par: Jean Boily
04 septembre 2025

Les techniques de récupération d'antigènes existent depuis aussi longtemps que l'immunohistochimie. Dès que nous avons tenté d'attacher des anticorps à des antigènes dans les tissus, nous nous sommes vite rendu compte que ces protéines devaient être "accessibles" aux anticorps.

La plupart des tissus étant désormais fixés à l'aide de fixateurs à base d'aldéhyde qui stabilisent les tissus en réticulant les protéines, on a rapidement constaté que ces réticulations empêchaient la fixation en masquant les épitopes ciblés par les anticorps.

Nous ne savons pas exactement pourquoi le Dr Shan-Rong Shi, de l'université de Californie du Sud a eu l'idée d'utiliser un four à micro-ondes dans son laboratoire et d'y jeter ses lames, mais il a certainement révolutionné cette technique ! Ensuite, d'autres outils de cuisine étranges, comme les autocuiseurs ou les cuiseurs à vapeur pour le riz, ont été introduits dans les laboratoires pour permettre la pratique de cette technique, qui consiste essentiellement à chauffer un tampon.

Les solutions les plus utilisées pour cette méthode sont le citrate de sodium (10 mM, pH 6), l'EDTA (1 mM, pH 8) et le Tris/EDTA (pH 9), à des températures légèrement inférieures à 100 °C, l'ébullition ayant tendance à endommager les tissus. Les solutions acides comme les tampons au citrate tendent à mieux préserver la morphologie, tandis que les solutions alcalines comme l'EDTA améliorent le signal mais risquent de décoller la section de la lame.

Cependant, il n'existe pas de protocole ou de réactif universellement utilisé, car des protéines différentes peuvent nécessiter des approches différentes. Il existe également des solutions acides qui permettent de récupérer les sites antigèniques à température ambiante. L'une d'elles est le HCL 2N, l'autre l'acide formique à une concentration de 10 %. Cette dernière méthode est recommandée pour cibler les plaques amyloïdes dans le diagnostic de la maladie d'Alzheimer et d'autres maladies neurodégénératives.

Des solutions commerciales de "démasquage" sont proposées, mais on peut toujours jouer avec ses propres formulations locales de tampons. En effet le mécanisme de démasquage des antigènes, comme beaucoup d'autres techniques d'histologie, n’est pas parfaitement compris et n’est pas soumis à un ensemble spécifique de règles strictes. Il faut toujours compter sur l'expertise du technologiste,  un peu comme quelqu'un qui fait un gâteau. C'est peut-être la raison pour laquelle tant d'ustensiles de cuisine se retrouvent entre les mains de techniciens de laboratoire, qui doivent tous être de grands cuisiniers !

Questions fréquentes

1. Pourquoi les techniques de démasquage d’antigènes sont-elles nécessaires en immunohistochimie ?

Parce que pour que les anticorps puissent se fixer aux antigènes, ces derniers doivent être accessibles dans les tissus. Or, certains procédés de fixation masquent les sites antigéniques.

2. Quel est l’effet des fixateurs à base d’aldéhyde sur les tissus ?

Ils stabilisent les tissus en créant des réticulations entre protéines, ce qui masque les épitopes et empêche la fixation des anticorps.

3. Qui a introduit l'idée d'utiliser la chaleur pour récupérer les antigènes, et comment ?

Le Dr Shan-Rong Shi (Université de Californie du Sud) a eu l'idée de chauffer les lames dans un four à micro-ondes, ce qui a révolutionné la technique.

4. Quels appareils inattendus ont ensuite été utilisés en laboratoire pour cette technique ?

Des autocuiseurs et des cuiseurs à riz ont été utilisés pour chauffer les tampons destinés à démasquer les antigènes.

5. Quels sont les tampons couramment utilisés pour le démasquage des antigènes ?

Citrate de sodium (10 mM, pH 6)
EDTA (1 mM, pH 8)
Tris/EDTA (pH 9)

6. À quelles températures réalise-t-on généralement cette opération de démasquage ?

À des températures juste en dessous de 100°C, car l’ébullition peut abîmer les tissus.

7. Quelle est la différence d’effet entre les tampons acides et alcalins ?

Les tampons acides (ex. citrate) préservent mieux la morphologie des tissus.
Les tampons alcalins (ex. EDTA) augmentent le signal immunohistochimique, mais peuvent décoller la section de la lame.

8. Existe-t-il un protocole universel de récupération d’antigènes ?

Non. Chaque antigène peut nécessiter un protocole différent, il n’y a pas de méthode unique.

9. Quelles méthodes d’acidification peuvent démasquer les antigènes à température ambiante ?

HCl 2N
Acide formique 10 % (particulièrement utile pour mettre en évidence les plaques amyloïdes, comme dans la maladie d’Alzheimer).

10. Pourquoi le choix du protocole de démasquage dépend-il souvent de l’expertise du technologue ?

Parce que le mécanisme exact du démasquage est encore mal compris : il faut donc ajuster l’approche selon l’expérience, un peu comme adapter une recette de cuisine.

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